Clément Lambert
Enseignant-chercheur Paléoclimatologie
Compétences
Variabilité / changements climatiques
Qualité des environnements
Micropaléonlotogie
Paléoclimats / Paléoenvironnements
Palynologie
Sédimentologie
A propos
Après une thèse de doctorat s’attachant à comprendre les mécanismes et les réponses régionales de la variabilité climatique, Clément Lambert travaille sur les aspects climatiques et environnementaux du changement global à différentes échelles de temps. Concernant la variabilité sur le « temps-long », sa période d'étude est le Quaternaire et plus particulièrement l'Holocène, la période interglaciaire débutée il y a 11 700 ans et dont les micro-restes organiques (pollen et microalgues planctoniques) fossilisés dans les sédiments nous permettent d’en reconstituer les variations climatiques et environnementales.
Concernant la période récente, ces mêmes outils permettent d'étudier l'évolution de la qualité des environnements littoraux, tels que les pollutions, l'eutrophisation et les modifications des paramètres physico-chimiques de l'eau. La comparaison de ces échelles va permettre de discuter de l'influence humaine.
Dans les environnements côtiers, la vulnérabilité des sociétés humaines face aux aléas climatiques est particulièrement élevée et les pressions anthropiques s’exerçant sur les écosystèmes sont de plus en plus fortes. Ainsi, face à une dynamique d’occupation des territoires par l’Homme de plus en plus prononcée, il s’intéresse également à la relation sociétés-climat-environnement au cours du temps.
Interview : paléoclimatologue
QUEL EST VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL ?
J’ai commencé par une Licence en sciences de la terre et de l'environnement à l'Université de Bordeaux. J’ai continué avec un Master recherche en Océanographie et je me suis spécialisé en sédimentologie et paléoclimatologie. J’ai ensuite réalisé une thèse de Doctorat à Brest, à l’IUEM (Institut Universitaire Européen de la Mer), dont l'objet était la reconstitution de 10 000 ans d’évolution climatique et environnementale en Bretagne. Je me suis attaché a comprendre la réponse environnementale régionale face aux changements climatiques globaux, les causes de ces évolutions et les liens avec les sociétés humaines dans l’histoire.
POURQUOI AVOIR VOULU DEVENIR ENSEIGNANT CHERCHEUR EN PALÉOCLIMATOLOGIE ?
C’est une découverte en Licence et en Master. Mon cursus universitaire m'a permis de découvrir les géosciences et les sciences du climat. Je souhaitais exercer une profession en rapport étroit avec la nature et l'idée de reconstituer son évolution passée me fascinait. Lors de mon stage en laboratoire de recherche pendant ma deuxième année de Master, j'ai su que la profession de chercheur était celle que je voulais exercer. Ce métier me donne la possibilité de m'interroger sur le fonctionnement du monde dans lequel nous vivons et d'essayer d'apporter des réponses aux questions que je me pose.
L’enseignement est aussi un plaisir, c’est enrichissant et ça permet de voir autre chose que la recherche. Je pense aussi qu'il est parfois nécessaire de sortir des laboratoires, que nous avons un rôle non négligeable à jouer dans la transmission des connaissances sur le changement climatique et les perturbations environnementales.
UNE MEILLEURE COMPRÉHENSION DES VARIATIONS CLIMATIQUES PASSÉES PERMET-ELLE DE MIEUX COMPRENDRE CELLE EN COURS ?
En effet, comprendre les causes des variations passées permet d'approfondir nos connaissances sur le fonctionnement de la machine climatique au sens large. Reconstituer les répercussions environnementales des variations climatiques passées permet éventuellement d’envisager les conséquences futures des changements climatiques. D’ailleurs, les modèles du climat qui essaient de prévoir les variations climatiques à venir sont calibrés avec ce que l’on sait des variations climatiques passées.
SUR QUELLE ÉCHELLE DE TEMPS TRAVAILLEZ-VOUS ?
Lors de ma thèse j’ai travaillé sur les 10 000 dernières années. Je m'intéresse à certains microfossiles présents dans les sédiments (microalgues, grains de pollen…) pour reconstituer la variabilité climatique et environnementale passée. Il est possible de travailler sur différentes échelles de temps à partir de ces mêmes outils (des derniers milliers d'années aux périodes beaucoup plus récentes comme les derniers siècles voire décennies). Toutes ces reconstitutions permettent de mieux comprendre l'impact de nos activités sur la qualité des environnements.

Kyste de dinoflagellé (une micro-algue phytoplanctonique) dont le nom d'espèce est Spiniferites bentorii. (Photo prise au microscope optique).

Modèles conceptuels schématiques montrant la position des trajectoires des tempêtes, du Courant Nord-Atlantique (NAC) et du gyre Subpolaire (SPG) pendant les intervalles pluriséculaires (A) "NAO + like" et (B) "NAO- like" et l'influence associée sur les tempêtes et les modèles de précipitations sur l'Europe du Nord-Ouest. Les bassins versants en bleu représentent une augmentation des précipitations et du ruissellement. La carte a été créée à l'aide du logiciel QGIS version 3.4.5 (https://www.qgis.org).
Émission Thalassa - Morbihan : Un archipel en Bretagne
10 avril 2019
https://fb.watch/EPffM4Ltw0/

