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Clément Lambert

Clément Lambert
ATER

Université Bretagne Sud - Campus Tohannic
Bâtiment Yves Coppens
Bureau C043

clement.lambert@univ-ubs.fr

Compétences

Variabilité / changement climatique
Paléoclimats / Paléoenvironnements

Qualité des environnements
Palynologie

Micropaléontologie
Sédimentologie

À propos

Après une thèse de doctorat s’attachant à comprendre les mécanismes et les réponses régionales de la variabilité climatique, Clément Lambert travaille sur les aspects climatiques et environnementaux du changement global à différentes échelles de temps. Concernant la variabilité sur le « temps-long », sa période d'étude est le Quaternaire et plus particulièrement l'Holocène, la période interglaciaire débutée il y a 11 700 ans et dont les micro-restes organiques (pollen et microalgues planctoniques) fossilisés dans les sédiments nous permettent d’en reconstituer les variations climatiques et environnementales. Pour la période récente, les mêmes outils renseignent sur l'évolution de la qualité des environnements littoraux (e.g. pollutions, eutrophisation, modifications des paramètres physico-chimiques des eaux ...) à l'échelle des derniers siècles ou des dernières décennies afin de discuter l’imbrication des influences humaines et naturelles. Dans les environnements côtiers, la vulnérabilité des sociétés humaines face aux aléas climatiques est particulièrement élevée et les pressions anthropiques s’exerçant sur les écosystèmes sont de plus en plus fortes. Ainsi, face à une dynamique d’occupation des territoires par l’Homme de plus en plus prononcée, il s’intéresse également à la relation sociétés-climat-environnement au cours du temps.

Interview : scientifique de l'environnement

QUEL EST VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL ?

J’ai commencé par une Licence en sciences de la terre et de l'environnement à Bordeaux. J’ai continué sur un Master recherche en Océanographie et je me suis spécialisé en sédimentologie et paléoclimatologie. J’ai ensuite réalisé une thèse de Doctorat à Brest, à l’IUEM (Institut Universitaire Européen de la Mer), dont l'objet était la reconstitution de 10 000 ans d’évolution climatique et environnementale en Bretagne. Je me suis attaché a comprendre la réponse environnementale régionale face aux changements climatiques globaux, les causes de ces évolutions et les liens avec les sociétés humaines dans l’histoire.

POURQUOI AVOIR VOULU DEVENIR ENSEIGNANT CHERCHEUR EN PALÉOCLIMATOLOGIE ?

C’est une découverte, en Licence et en Master. J'étais déjà sensibilisé aux problématiques environnementales et je souhaitais exercer une profession en rapport étroit avec la nature. Le littoral et la mer m’attiraient. Mon cursus universitaire m'a ensuite permis de découvrir les géosciences et les sciences du climat. Lors de mon stage en laboratoire de recherche pendant ma deuxième année de Master, j'ai su que la profession de chercheur était celle que je voulais exercer. Ce métier me donne la possibilité de m'interroger sur le fonctionnement du monde dans lequel nous vivons et d'essayer d'apporter des réponses aux questions que je me pose.

L’enseignement est aussi un plaisir, c’est enrichissant et ça permet de voir autre chose que la recherche. Je pense aussi qu'il est parfois nécessaire de sortir des laboratoires, que nous avons un rôle non négligeable à jouer dans la transmission des connaissances sur le changement climatique et les perturbations environnementales.

UNE MEILLEURE COMPRÉHENSION DES VARIATIONS CLIMATIQUES PASSÉES PERMET-ELLE DE MIEUX COMPRENDRE CELLE EN COURS ?

En effet, comprendre les causes des variations passées permet d'approfondir nos connaissances sur le fonctionnement de la machine climatique au sens large. Reconstituer les répercussions environnementales des variations climatiques passées permet éventuellement d’envisager les conséquences futures des changements climatiques. D’ailleurs, les modèles du climat qui essaient de prévoir les variations climatiques à venir sont calibrés avec ce que l’on sait des variations climatiques passées.

SUR QUELLE ÉCHELLE DE TEMPS TRAVAILLEZ-VOUS ?

Lors de ma thèse j’ai travaillé sur les 10 000 dernières années. Je m'intéresse à certains microfossiles présents dans les sédiments (microalgues, grains de pollen…) pour reconstituer la variabilité climatique et environnementale passée. Il est possible de travailler sur différentes échelles de temps à partir de ces mêmes outils (des derniers milliers d'années aux périodes beaucoup plus récentes comme les derniers siècles voire décennies). Ces échelles de temps courtes étaient justement l’objet d’un article paru en 2018 dans lequel nous avons reconstitué les perturbations environnementales sur les derniers 150 ans : nous avons pu observer vu une modification de la qualité de l’eau en Rade de Brest ainsi que des changements dans la structuration des communautés phytoplanctoniques. Nous avons ainsi par exemple pu mettre en évidence l'influence flagrante des activités humaines et des changements d'usage des sols sur les bassins versants qui entrainent une augmentation du ruissellement et de l'érosion des sols à partir des années 50. Ces modifications conduisent à une augmentation des apports en nutriments dans le milieu naturel… Toutes ces reconstitutions permettent de mieux comprendre l'impact de nos activités sur la qualité des environnements.

AVEZ-VOUS DES PROJETS DE RECHERCHE ?

Dans la même continuité, je souhaite continuer à utiliser les microfossiles présents dans le sédiment pour reconstituer à différentes échelles de temps l’évolution climatique et environnementale. Sur le temps long, je m’intéresse à la relation société humaine-climat : l’effet des changements climatiques sur les sociétés agricoles passées est par exemple un sujet qui m'occupe et l'objet d'un article publié en 2020. A plus court terme (à l'échelle des derniers siècles), je m’intéresse parmi ces microfossiles, à des microalgues toxiques (qu'on appelle des dinoflagellés) qui relèvent d'un véritable enjeu sociétal et dont on voit d’année en année une recrudescence de leurs efflorescences. Je m’intéresse donc à ce qui les rend possibles. Je voudrais reconstituer une évolution de la quantité et de la fréquence de ces efflorescences toxiques à l’échelle du dernier siècle pour comprendre précisément et le lien entre le développement de ces phytoplanctons et plusieurs facteurs environnementaux, climatiques et anthropiques.

Kyste de dinoflagellé (une micro-algue phytoplanctonique) dont le nom d'espèce est Spiniferites bentorii. (Photo prise au microscope optique).

Figure 2

Graphique regroupant des séries de données paléoclimatiques et paléoenvironnementales (palynologiques et sédimentologiques) pour reconstituer la co-évolution Climat/Sociétés humaines au cours des derniers 3 000 ans. (Figure tirée de l'article Lambert et al., 2020).

Modèles conceptuels schématiques montrant la position des trajectoires des tempêtes, du Courant Nord-Atlantique (NAC) et du gyre Subpolaire (SPG) pendant les intervalles pluriséculaires (A) "NAO + like" et (B) "NAO- like" et l'influence associée sur les tempêtes et les modèles de précipitations sur l'Europe du Nord-Ouest. Les bassins versants en bleu représentent une augmentation des précipitations et du ruissellement. La carte a été créée à l'aide du logiciel QGIS version 3.4.5 (https://www.qgis.org).

Émission Thalassa - Morbihan : Un archipel en Bretagne
10 avril 2019

Durée : 00:02:18
Réalisateurs : Thalassa
© Thalassa
Année : 2019
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